Je viendrai à ta porte crever comme un chien
Mort de n'avoir ni faim ni soif ni même envie
De rien du tout. Pour toi l'amour, cette exuvie,
Disparaîtra quand il n'y aura de lui plus rien.

Il t'écoutait et torturé par ta présence
Il a langui bien plus que toi lorsque ta voix
L'a poignardé d'un coup trop doux et plein de toi
La lame aiguë lui imposa son lourd silence

Il a compris à ses dépens, ce pauvre enfant
Désemparé, déboussolé par l'injustice
De cet amour écartelé, ses cris emplissent
L'air vide et morne des campagnes, sous le vent

La larme coule il n'a jamais aimé si fort
Il s'écoule hors de lui-même et s'entredéchire
Comme ces mots qu'il n'a jamais pu te décrire
Il est à terre et ses yeux ne brillent encore

Que dans les tiens, tu y penses, je suis navré
D'être mort de toi, c'était stupide quand j'y pense
D'étendre par amour le feu de la souffrance
Il est trop tard pour te prier de n'y penser.